Les résultats de l’Etude nationale nutrition santé (ENNS), première étude nationale conduite en France métropolitaine entre 2006 et 2007 avec mesure du taux de cholestérol-LDL (mauvais cholestérol) viennent d’être publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Son enseignement principal est que 29,7 % chez les adultes de 18 à 74 ans ont un taux trop élevé de mauvais cholestérol.
Le taux de cholestérol-LDL dans le sang a été calculé pour 1985 personnes
Il est depuis longtemps admis que l’augmentation du
cholestérol-LDL (LDLc), connu comme « mauvais cholestérol », est un facteur important et fréquent de
risque cardiovasculaire. Pour cette raison, le Programme national nutrition santé (PNNS) et la loi relative à la politique de santé publique du mois d’août 2004 avaient fixé parmi d’autres objectifs de prévention primaire, la réduction de 5 % du taux de LDLc moyen dans la population adulte. Mais encore fallait-il connaître ces valeurs de manière objective. C’est dans cette perspective que l’ENNS a été lancé afin d’estimer le LDLc moyen et la prévalence de l’hypercholestérolémie-LDL dans la population adulte résidant en France métropolitaine.Une hypercholestérolémie fréquente après 65 ans3115 adultes de 18 à 74 ans ont répondu à différents questionnaires pour connaître leurs habitudes alimentaires et mode de vie. Parmi eux, 1985 personnes ont bénéficié du calcul de LDLc dont 734 hommes (37 %) et 1251 femmes (63 %). Les valeurs supérieures à 1,6 g/l de LDLc ou la prise d’un médicament hypolipémiant (pour diminuer le cholestérol) ont été considérées comme hypercholestérolémie, donc à risque cardiovasculaire.La valeur moyenne du LDLc était de 1,27 g/l, sans différence significative entre hommes et femmes. Cependant, 29,7 % des participants ont été classés comme ayant une hypercholestérolémie, dont 20,1 % ayant un taux de LDLc supérieur à 1,6 g/l et 12,5 % déclarant un traitement par statines. Cette prévalence d’hypercholestérolémie augmente progressivement avec l’âge pour atteindre 55 % chez les personnes âgées de 65 à 74 ans.Mais des taux de mauvais cholestérol inférieurs à ceux attendus au niveau nationalLa bonne nouvelle est ce taux moyen de 1,27 g/l tous âges confondus, car ils sont inférieurs de 10 % aux valeurs de référence cités dans l’objectif de 2004 (1,53 g/l chez les hommes de 35 à 64 ans), valeurs qui étaient issues de l’enquête Monica de 1996. Mais les auteurs précisent que les registres de Monica comportaient seulement 3 départements, alors que l’ENNS a été réalisée au niveau national.Cependant, la France n’est pas si bien placée que cela. Ainsi, le rapport précise que si les valeurs en France sont similaires à celles observées à Lausanne ou en Angleterre, elles sont plus élevées que les valeurs retrouvées aux Etats-Unis en 2007-2010 (1,16 g/l). Ce dernier point paraît surprenant étant donné le taux élevé d’obésité aux Etats-Unis.Les auteurs concluent que “le renouvellement en 2014 de l’étude ENNS permettra d’établir l’impact des Programmes nutrition santé au niveau national sur la cholestérolémie moyenne ainsi que sur les évolutions de la prise en charge depuis 2006-2007“.Jesus CardenasSource : Christine de Peretti, Clémence Perel, Francis Chin, Philippe Tupin, Marie-ChristineIliou, Michel Vernay, Katia Castetbon, Nicolas Danchin. Cholestérol LDL moyen et prévalence de l’hypercholestérolémie LDL chez les adultes de 18 à 74 ans, étude nationale nutrition santé (ENNS) 2006-2007, France métropolitaine. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, No 31, septembre 2013, pages 378-85.Click Here: Putters